Régime sans sucre

L’obésité est-elle génétique?

obésité facteur génétique

Nous sommes tous inégaux face à la nourriture, certains peuvent manger de tout et beaucoup et conserver leur allure d’ascète. D’autres «profitent» de trois fois rien. Cette injustice serait-elle génétique?

Chez l’homme, aucun gène n’a encore été identifié comme le «gène de l’obésité». Il existe certes des familles d’obèses. Mais il est difficile de savoir dans quelle mesure ce sont des facteurs génétiques à proprement parler (c’est à dire liés aux gênes) qui sont en cause ou des facteurs familiaux et culturels (traditions alimentaires et culinaires, mode de vie). 

On admet aujourd’hui que l’obésité est une maladie polyfactorielle, c’est-à-dire qu’elle se développe plus facilement sous la conjonction de plusieurs facteurs de risque: manque d’activité, régime alimentaire déséquilibré et facteurs génétiques. On estime que le risque d’être obèse est multiplié par 4 si l’un des parents est obèse et multiplié par 8 si les deux parents sont obèses.

L’obésité au féminin

  • Nous, les femmes, sommes particulièrement concernées par les problèmes de surcharge pondérale pour deux raisons «physiologique»:
    - notre corps a une masse grasse naturellement plus importante que les hommes et une masse maigre (muscles, os, viscères) inférieure à celle des hommes ;
    - les grossesses sont au cours de notre vie des périodes à risque de prise de poids. Plus tard, la ménopause sera aussi une période propice à une prise de poids.
  • Notre tissu adipeux a une répartition différente de celle des hommes sous l’influence des hormones sexuelles (oestrogènes chez les femmes, testostérone chez les hommes). Nous accumulons volontiers les graisses à la partie inférieure du corps au niveau des hanches, des fesses et des cuisses (répartition dite «gynoïde»), alors que les hommes accumulent préférentiellement les graisses dans la partie supérieure du corps, au niveau du tronc et de l’abdomen (répartition «androïde»)
    Le bon côté de la situation est que notre répartition gynoïde nous préserve relativement des complications médicales, notamment des problèmes métaboliques (trop de graisses et de sucre dans le sang)et des maladies cardio-vasculaires, tout au moins jusqu’à la ménopause.
  • D’autres raisons suggèrent des différences de comportement alimentaire entre les femmes et les hommes. Les femmes semblent attirées par les aliments à la fois gras et sucrés, avec une tendance à déstructurer l’alimentation, c’est-à-dire à grignoter ou avoir un comportement boulimique? alors que les hommes se mettent plus volontiers à table à heures fixes, respectant les trois repas principaux et l’ordre des plats.
  • Enfin, l’idéal de minceur prôné aujourd’hui par les miss et les top-model est difficile à atteindre pour de nombreuses femmes sans une restriction alimentaire. Etre séduisante, avoir un corps tonique, svelte? . Nombreuses sont les femmes qui tombent dans le piège des régimes restrictifs qui ont le risque de nous entraîner vers des troubles du comportement alimentaire, avec des reprises de poids et finalement une aggravation du surpoids.

Certaines circonstances exposent-elles à l’obésité ?

  • Chez les jeunes, l’entrée dans la vie active est souvent marquée par des changements des habitudes alimentaires: repas «sautés», pris à l’extérieur «sur le pouce», grignotages …
  • Le chômage est également un élément très déstabilisant au plan alimentaire avec perte des repères et des rythmes, de même que certaines périodes de vulnérabilité psychologique : séparation, divorce, déménagement…
  • Chez la femme, la grossesse et la ménopause sont des périodes bien connues pour le développement de l’adiposité.
  • Lors du sevrage tabagique, la prise de poids est fréquente et est due à l’interruption des effets «coupe faim» du tabac d’une part et à une compensation du manque par l’alimentation.
  • Certains traitements prescrits pour des maladies chroniques facilitent la prise de poids à long terme, soit en augmentant l’appétit, soit en réduisant la satiété, soit en réduisant les capacités d’activité physique. Les médicaments les plus souvent en cause sont les antidépresseurs, les neuroleptiques, les corticoïdes et certains progestatifs de synthèse.

Les risques de l’obésité

Ils sont très nombreux et d’autant plus que l’obésité est sévère. Ils sont souvent graves, voire gravissimes.

risques de l'obésité

  • Les personnes obèses ont trois fois plus de risque de faire une hypertension artérielle que les sujets minces. Toutes les maladies cardiovasculaires dites ischémiques (angine de poitrine, insuffisance vasculaire cérébrale, infarctus du myocarde, artérite des membres inférieurs) sont plus fréquentes chez les personnes obèses, qui cumulent les facteurs de risque cardiovasculaire : anomalies lipidiques, diabète et hypertension artérielle.
  • L’obésité est également un facteur de risque de maladies des veines : insuffisance veineuse et thromboses veineuses (phlébites).
  • Les personnes très obèses font souvent des « pauses respiratoires » pendant leur sommeil. Ces apnées du sommeil favorisent les troubles du rythme cardiaque et la mort subite.
  • L’arthrose se développe très tôt chez les personnes obèses. Elle touche les articulations « porteuses » trop sollicitées par le poids : hanches (coxarthrose) et surtout genoux (gonarthrose).
    Du fait des contraintes mécaniques supportées par la colonne vertébrale, les lombalgies (douleurs du bas du dos) sont fréquentes.
  • Le reflux gastro-oesophagien (remontées acides dans l’oesophage) est particulièrement fréquent, comme les calculs dans la vésicule biliaire (lithiases vésiculaires) et la surcharge graisseuse du foie (stéatose hépatique en langage médical).
  • Les femmes obèses souffrent fréquemment d’une diminution de leur fertilité du fait de troubles de l’ovulation qui entraînent également des perturbations des cycles menstruels (cycles irréguliers, disparition des règles = aménorrhée en langage médical). Un hirsutisme (poils qui poussent) est parfois observé. Chez l’homme, en cas d’obésité massive, il existe un hypogonadisme (insuffisance de la fonction testiculaire) qui retentit aussi sur la fertilité.
  • L’obésité s’accompagne d’un risque accru de cancer, avec chez la femme, des cancers gynécologiques (cancers de l’endomètre, de l’ovaire et du sein) et chez l’homme une augmentation du risque de cancer colo-rectal, du cancer de la prostate et du cancer de la vésicule biliaire.
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